Kathy Reichs // Kathy Reichs(L'auteure Kathy Reichs photographiée par Marie-Reine Mattera)

On l'imagine difficilement à genoux dans la terre boueuse en train de déterrer des ossements et de faire des prélèvements d'asticots sur des corps en décomposition. Anthropologue judiciaire pour le Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale de la province de Québec, professeur d'anthropologie judiciaire à l'université de Charlotte en Caroline du Nord, auteur de romans policiers estimée des Québécois, Kathy Reichs, est pourtant bien humaine.

Son dernier roman tourne autour des rituels sataniques. «Le thème de mon dernier roman est plutôt les religions marginales, précise madame Reichs. J'ai déjà abordé le thème des sectes dans mon deuxième roman, Dead du jour. Cette fois, il est question des religions marginales qui sont mal comprises par la plupart des gens. À cause de l'ignorance du sujet, parce qu'ils n'ont pas beaucoup de notions sur ce type de religions - comme la santeria, la Wicca ou le vaudou- les gens réagissent souvent avec la peur.» En effet, quand il est question de rituels vaudou, on pense d'abord à la magie noire. Et pourtant... «Il y a une différence entre le vaudou et le vaudou noir. Et c'est la même chose pour la santeria qui est une religion syncrétique née d'un mélange des pratiques religieuses originaires d'Afrique avec des rituels catholiques. Mais il y a aussi une forme de santeria malveillante.»

Les os du diable // Les os du diable(Robert Laffont)

Lors d'une fouille dans une cave en rénovation, le Dr Brennan découvre un crâne recouvert de cire fondue, deux chaudrons pleins de terre et d'ossements, et quelques objets qui font penser à un sacrifice. C'est ainsi que l'histoire l'amène à des investigations dans un monde inquiétant.

L'idée d'aborder le sujet des religions syncrétiques lui est venue de ses expériences professionnelles où elle est, à l'occasion, confrontée à des découvertes macabres. «De temps en temps je reçois au laboratoire un crâne qui a de la cire ou du sang sur la surface. Beaucoup de ce type de crânes étaient utilisés dans des rituels cérémonials.»

Son personnage Temperance Brennan est, bien sûr, fortement inspiré de sa propre expérience professionnelle. Seulement, y a-t-il beaucoup de meurtres à élucider dans le métier d'anthropologue judiciaire? «Oui, il y en a beaucoup, mais il y a des cas où les restes humains découverts ne proviennent pas d'une cause violente. Ça peut être, par exemple, une personne âgée qui est allée dans la forêt et qui s'est perdue. Ce n'est pas un cas criminel. Ici au Québec et en Caroline du Nord, quand des restes humains sont découverts, quelques-uns sont des meurtres, d'autres proviennent de toutes autres causes.»