Jack and Jill

Adam Sandler joue dans un de ses pires films en carrière en tenant deux fois plutôt qu'une la vedette de «Jack and Jill», une farce navrante qui pourrait bien être la comédie la plus embarrassante de 2011. En voilà un qui devrait sérieusement réorienter sa carrière.

Ce n'est pas facile de vivre avec sa jumelle. Jack (Adam Sandler) l'apprend à ses dépens lorsque sa soeur Jill (Adam Sandler) lui mène la vie dure. Il fera tout pour s'en débarrasser, l'envoyant même dans les bras d'Al Pacino!

Le tandem Adam Sandler devant la caméra et Dennis Dugan à la réalisation a encore sonné. Après les très inégaux «Big Daddy», «I Now Pronounce You Chuck & Larry», «You Don't Mess With the Zohan», «Grown Ups» et «Just Go With It», ils remettent ça avec un nouveau délire qui a cette fois beaucoup de difficulté à soutirer le moindre rire tant les gags tombent continuellement à plat. Les situations se répètent toutes les cinq minutes, allant des traditionnels coups sur les personnes innocentes (eh oui, comme dans «Happy Gilmore», le long métrage qui a révélé Adam Sandler) aux farces de pets, un sommet de bon goût et d'ingéniosité.

Ni la mise en scène ennuyante et l'interprétation insupportable n'arrive à rendre digeste ce plat plus que réchauffé qui est accompagné, évidemment, de belles leçons sur l'importance de la famille. Adam Sandler grimace comme jamais auparavant, en faisant des tonnes en vain, allant même jusqu'à plagier «Tootsie» et autres «Mrs. Doubtfire». Prouvant qu'il est capable de jouer dans un registre ironique et décalé, Al Pacino fait un Robert De Niro de lui-même, devenant une véritable caricature ambulante, gâchant presque l'image que le cinéphile pouvait avoir de ce très grand acteur qui, jusqu'à tout récemment, choisissait bien ses rôles (il était tout simplement excellent dans «You Don't Know Jack» de Barry Levinson).

Récit interminable ainsi que véritable publicité pour un restaurant de beignes, «Jack and Jill» est le degré zéro de la comédie. Peu importe que les péripéties soient stupides et peu intelligentes, l'important c'est que le rire, le sourire ou seulement la bonne humeur soit au rendez-vous. Lorsque ce n'est pas le cas comme c'est ce qui se passe pour ce navet, il y a un sérieux problème. Adam Sandler doit absolument demander à Paul Thomas Anderson de lui pondre un nouveau «Punch-Drunk Love» ou de faire appel à un cinéaste digne de ce nom pour enfin le faire sortir de sa zone de confort et l'amener ailleurs. Le plus tôt sera le mieux.