Safe

Nouveau film d'action mettant en vedette Jason Statham, «Safe» comporte beaucoup trop d'action et un scénario alambiqué, mais également de solides personnages étonnamment complexes. Pour une fois, les amateurs de monsieur seront plutôt bien servis.

Ancien nageur professionnel, Jason Statham est devenu une immense vedette grâce Guy Ritchie qui lui a confié des rôles intéressants dans ses délirants «Lock, Stock and Two Smoking Barrels» et «Snatch». Depuis cette glorieuse époque, l'acteur semble toujours incarner le même personnage, l'ersatz d'un Bruce Willis qui préfère se défendre avec ses poings plutôt qu'avec ses mots. Des «Transporter» aux «Crank» en passant récemment par «Death Race», «War», «Killer Elite» et les remakes de «The Mechanic» et «13», les longs métrages souvent assommants se suivent et se ressemblent. La seule exception étant «The Bank Job» qui pouvait compter sur une histoire digne de ce nom.

C'est également du côté du polar et du film de casse que se retrouve «Safe». Une petite fille (Catherine Chan) à la mémoire phénoménale est en danger et c'est à un solitaire suicidaire (Jason Statham) de la protéger. Du coup, il devra affronter la mafia russe, les policiers corrompus et la méchante triade chinoise.

Une prémisse en apparence simpliste qui lorgne principalement du côté du jubilatoire «Léon» (qui est appelé au Québec «Le professionnel») de Luc Besson. Mais «Safe» n'est pas que ça. Pendant sa première partie, cette oeuvre écrite et réalisée par Boaz Yakin (à qui l'on doit le surprenant «Flesh» et le beaucoup moins flamboyant «Remember the Titans») prend le temps de camper un climat, une ambiance qui lui est propre. Les scènes d'action contournent le diktat du montage pour s'afficher dans toutes leurs longueurs, alors que de savantes ellipses permettent de mieux saisir les dilemmes moraux des personnages.

De belles intentions qui ne tiennent pas toujours la route par la suite. À mi-chemin du récit, la trame narrative est pratiquement abandonnée, au détriment de longues et monolithiques scènes d'action extrêmement violentes qui finissent par lasser et endormir. Surtout que l'histoire se complique inutilement, faisant apparaître de son chapeau des lapins et des oiseaux, des clichés à la tonne et des rebondissements attendus. Mais pas d'humour pour alléger la tension. Un retour à la normale qui n'est pas pour le mieux, empêchant du coup les comédiens de sortir de leur zone de confort.

Petite surprise inégale qui contient malgré tout de bons moments, «Safe» cherche parfois à la jouer un peu trop intello dans sa façon de cumuler les cadavres. Reste que le potentiel y est, ce qui est déjà beaucoup, surtout en prenant compte qu'il s'agit d'un film de Jason Statham. Certainement son meilleur depuis le trop peu vu «The Bank Job».