
Film conçu pour un public féminin, «The Lucky One» est une romance souvent indigeste où il est possible de voir Zac Efron torse nu. De quoi se rincer l'oeil quelques secondes et bayer aux corneilles par la suite.
Hollywood a adopté Nicholas Sparks, le Danielle Steel de la jeune génération. Même si les différentes adaptations cinématographiques de ses livres sont généralement ratées («Dear John», «The Last Song», «Nights in Rodanthe», «The Notebook», «A Walk to Remember», «Message in a Bottle»), des longs métrages continuent à se faire à partir de sa prose. «The Lucky One» est le dernier récit préfabriqué en liste.
Le marine Logan (Zac Efron) est un miraculeux. Depuis qu'il a trouvé la photo d'une jeune femme en Irak, il a survécu aux pièges mortels qui ont emporté ses amis et ses camarades. De retour aux pays, il part à la recherche de cette mystérieuse blonde (Taylor Schilling). Il la découvre dans un bled perdu et en tombe profondément amoureux. Mais comment réagira-t-elle en apprenant qu'il possède cette photo qu'elle n'a pas vue depuis si longtemps? Et à qui appartient-elle vraiment?
«The Lucky One» ressemble à un conte de fée, à un fantasme. Un beau gars aime une belle femme. L'homme prend soin de l'enfant de sa douce et l'encourage à développer ses talents. La famille aime les chiens et la nature. Même si leur passé est douloureux, ils parviennent à s'en affranchir. Lorsqu'ils font l'amour, c'est l'extase totale. L'ancien mari (qui est méchant, évidemment) rôde dans les parages. Mais comme dans les plus belles histoires morales, il sera puni pour ses torts et disparaîtra de l'équation. Le bonheur, quoi!
Cette satisfaction de tous les instants n'est malheureusement pas réellement tangible. Après une introduction prometteuse qui aurait pu s'apparenter aux excellents «In the Valley of Elah» ou «Stop-Loss», le récit bifurque vers la romance kitch et extrêmement collante, parsemée de dialogues ridicules. Puis le mélo embarque, ne touchant aucune corde sensible. Déjà que l'histoire ne brillait pas par son originalité, elle accumule les faux pas et les situations affligeantes, qui font parfois rire involontairement. Le bateau prend l'eau et personne n'est capable de redresser la barre. Zac Efron tente le tout pour le tout, sauf qu'il est le seul à naviguer du bon bord. Tous les acteurs sont mauvais, la réalisation de Scott Hicks (qui avait pourtant fait des miracles il y a 16 ans avec «Shine») brille par son indifférence et les choix musicaux dégoulinent de bons sentiments.
Dans toute cette chimère qui semble durer trois heures mais qui n'en dure même pas deux, il est difficile de déterminer avec certitude le responsable de la débâcle. Les mots originaux de Sparks? Le scénario moribond et fainéant? Ou simplement cette magie qui ne prend jamais? Dans tous les cas, «The Lucky One» est une bluette à éviter, à moins d'être une fan invétérée de Zac Efron. Et encore là, rien n'est moins sûr.












