The Raven

Se rapprochant davantage de «Saw» que de «Seven» dans sa façon de traiter sa violence, «The Raven» est un suspense policier qui piétine malgré une direction artistique irréprochable et quelques éléments scénaristiques intrigants, mais mal développés.

Dans le brillant «Seven» de David Fincher, un tueur diabolique assassinait des gens en se basant sur les sept péchés capitaux. Du côté de «The Raven» de James McTeigue, un sombre individu enlève la vie à ses semblables en reprenant le canevas de plusieurs livres d'Edgar Allan Poe. De quoi mettre en rogne le célèbre écrivain déchu (joué par John Cusack), surtout depuis la disparition de sa future femme.

Mais là s'arrêtent les comparaisons entre les deux films. Après une introduction qui ressemble étrangement à celle du premier «Sherlock Holmes», ce récit devient un énième dérivé de «Saw», plus intéressé à ses pièges, à ses actes de torture et à ses meurtres. Rien pour tenir en haleine, angoisser ou véritablement mettre en appétit les spectateurs sadiques qui ont déjà vu mieux (ou pire, selon les goûts) ailleurs. Si ce n'est un véritable travail artistique de son cinéaste qui, après les très inégaux «V for Vendetta» et «Ninja Assassin», confirme sa propension à mieux prendre soin de ses images que de ses trames narratives.

L'histoire n'est pourtant pas une catastrophe en soi. Il y a de l'humour noir plutôt distrayant et un discours affûté sur la culture et la littérature à une époque (peu importe laquelle, le résultat est le même) souvent vide et superficielle. Des échanges à la «Scream 2» entre le héros et le vilain se font entendre, et un «méchant critique» qui rend même l'âme! Eh oui, comme dans «Lady in the Water» de M. Night Shyamalan. Plusieurs aspects intéressants et pertinents qui n'arrivent pas à sortir l'intrigue de sa torpeur. Parce que plus le long métrage avance et plus l'intérêt tend à fondre comme neige au soleil. La mécanique manque d'huile et ce n'est pas le jeu convaincu de tous les interprètes qui vont pallier ce vide.

Vouloir faire connaître les écrits d'Edgar Allan Poe est une excellente idée. Il fallait pourtant plus que ce travail sans relief pour arriver à rendre hommage au maître. «The Raven» est tellement banal et ordinaire qu'on l'oubliera rapidement, comme tous ces suspenses qui sont apparus et disparus presque immédiatement. Quelqu'un se souvient-il encore de «Copycat» de Jon Amiel? Non? Eh bien, c'est tout à fait normal. Et cela risque de se reproduire ici aussi.