Cecil B. Demented // Cecil B. Demented(Artisan Entertainment)

Alors que partout se préparent fébrilement les listes des meilleurs films de la décennie, et alors qu'il annonce la sortie de son prochain livre, Role Models, pour juin 2010 (toujours pas de film à l'horizon par contre) le réalisateur aussi dandy que décadent John Waters (Polyester, Hairspray, Cry-Baby, Cecil B. Demented, A Dirty Shame) part le bal en livrant son très drôle top 10 commenté de l'année 2009 sur le site Artforum.

Évidemment, chez ce réalisateur adepte du choc et du mauvais goût, les choix n'allaient pas être communs. En bon premier trône donc Import Export de l'Autrichien Ulrich Seidl (plutôt vu dans les tops 2008 par chez nous) que le cinéaste n'hésite pas à qualifier de film le plus «douloureux, mais aussi le meilleur de l'année. L'observation de la vie misérable d'immigrants ukrainiens à Vienne transforme ce film atroce, mais brillamment réalisé en équivalent cinématographique de se trancher les veines.Un nouveau genre? La porno dépressive? J'ai adoré!»

Import Export // Import Export(Ulrich Seidl)

Viennent ensuite l'inévitable Antichrist de Lars Von Trier («Si Ingmar Bergman s'était suicidé, était allé en enfer, puis était revenu pour réaliser un film artistique d'exploitation pour un ciné-parc, ce serait le film qu'il aurait fait»), In The Loop d'Armando Iannucci, World's Greatest Dad de Bobcat Goldthwait, Brüno de Larry Charles («N'écoutez pas les critiques - c'est meilleur que Borat. Imaginez un couple d'adolescents hétéro lors de leur première date dans un centre commercial de l'Amérique profonde regarder Sacha Baron Cohen mimer toutes les positions sexuelles gay imaginables jusqu'à un joyeux «facial». Parfois, les spectateurs ont ce qu'ils méritent»), Lorna's Silence de Jean-Pierre et Luc Dardenne, Broken Embraces de Pedro Almodovar, The Baader Meinhof Complex d'Uli Edel, Whatever Works de Woody Allen («La gérontophilie n'aura jamais été aussi séduisante! Cette fois, Woody devient un peu gai et nous le raconte avec un charme et un comique indéniables. Je suis très en colère de ne pas avoir sa carrière») et enfin The Headless Woman de Lucrecia Martel («des cheveux décolorés, des accidents suivis de délits de fuite, une belle-famille avec des hépatites. Hein? Je n'ai rien compris, mais j'ai adoré!»)