«Tout le monde en parle» : Xavier Dolan le rêveur

Le cinéaste Xavier Dolan est arrivé sur le plateau de «Tout le monde en parle» souriant et prêt à emprunter le ton de la confidence pour parler de son troisième film, «Laurence Anyways», qui a été retenu dans la section «Un Certain Regard» du Festival de Cannes 2012.

Malgré le succès et la carrière déjà florissante du réalisateur de 23 ans, ce dernier n'a pu s'empêcher d'être déçu lorsqu'il a appris que «Laurence Anyways» ne figurait pas dans la compétition officielle du prestigieux festival qui se déroulera du 16 au 27 mai. Tout comme la société québécoise «fière et solidaire», d'autant plus excitée devant «l'enthousiasme des journalistes», Dolan espérait que son nouveau film soit de la compétition pour la Palme d'Or. Selon lui, cet espoir a été «cristallisé par les rumeurs» étalées dans les blogues spécialisés et les journaux, tout comme cela se produit lorsqu'un réalisateur québécois se retrouve dans la course aux Oscars.

Il a avoué rêver d'être le plus jeune cinéaste de l'histoire à être en compétition officielle, pas seulement au nom de son amour-propre, mais pour le Québec, qui n'a pas vu un de ses films sélectionnés à Cannes depuis «Les Invasions barbares» de Denys Arcand il y a 11 ans de cela. «À un moment où le gouvernement considère que la culture n'est pas ce par quoi on se détermine, mais ce par quoi on survit, j'aurais voulu vivre ça», a déclaré le réalisateur qui se proclame indépendantiste. «Si notre province peut rêver de devenir un pays, j'ai le droit de rêver à une Palme d'or, c'est proportionnel», a-t-il ajouté.

«Laurence Anyways», qui arrivera en salles le 18 mai prochain, raconte les épreuves d'un couple vivant le changement de sexe du partenaire masculin. Contrairement à ses deux premiers films, ce troisième long-métrage n'a rien d'autobiographique et Dolan a dû se «projeter davantage» dans le projet pour partir à la recherche de l'amour absolu et de sa définition. Son vécu et la conception de «J'ai tué ma mère» et des «Amours imaginaires» lui ont permis de remporter, l'an dernier, le Prix Lutte contre l'homophobie de la Fondation Émergence, un honneur significatif puisqu'il soulignait la qualité de son message et non pas de son oeuvre.

Engagé autant politiquement que socialement, Dolan n'a pu camoufler sa gêne lorsque Dany Turcotte lui a rappelé que Gabriel Nadeau-Dubois était sur le plateau, celui même que l'artiste prodige a déjà qualifié de «très, très éloquent» et de «très sexy».

Léo Bureau-Blouin, Martine Desjardins et Gabriel Nadeau-Dubois

Respectivement à la tête de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Coalition large de l'ASSÉ (CLASSE), ces trois jeunes dont on entend parler plus que jamais dans le débat sur la hausse des frais de scolarité étaient les derniers invités de Guy A. Lepage lors de son émission diffusée hier, mais enregistrée avant les propositions récentes du gouvernement Charest.

Ils se sont d'abord prononcés sur l'exclusion de la CLASSE de la table des négociations avec la ministre de l'Éducation Line Beauchamp . Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, a affirmé que les associations étaient sur le mode «ouverture» et «écoute», prêts à soumettre les offres à leurs membres lorsque la CLASSE a été rejetée des négociations à 10 minutes de préavis. La ministre avait alors déclaré que les manifestations provoquées par le conflit étaient en cause dans l'exclusion de la CLASSE, mais son porte-parole n'est pas de cet avis. «Devant le bloc d'associations étudiantes qui réclamaient que les discussions portent sur la hausse (et non sur les autres propositions), elle n'a pas eu le choix de se replier», a formulé Gabriel Nadeau-Dubois, convaincu que Madame Beauchamp a opté pour la «bonne vieille méthode» de diviser les associations «pour mieux régner».

En ce qui concerne les manifestations, dont certaines ont suscité de la violence physique et matérielle, M. Nadeau-Dubois a répondu un «non» catégorique lorsque Guy A. lui a demandé si la CLASSE en était l'instigatrice. Ce dernier a continué dans sa lancée en disant qu'il s'agissait d'un «prétexte» utilisé par la ministre de l'Éducation et que cette accusation provient du groupe Facebook de la CLASSE, qu'un rassemblement de manifestants a utilisé comme plateforme. Léo Bureau-Blouin a d'ailleurs appelé au pacifisme en ce qui concerne les manifestations futures, soulignant que la violence et le grabuge font dévier les militants de leurs objectifs initiaux.

Les trois invités ont également profité de cette tribune pour exprimer leurs doutes face au gouvernement libéral et à l'appel potentiel de nouvelles élections pour mettre fin au conflit étudiant. Alors que le président de la FECQ se demande si le gouvernement n'utilise pas les événements et les étudiants pour faire «mousser des élections», le porte-parole de la CLASSE clame que le gouvernement Charest est «corrompu» et «perd sa crédibilité à chaque semaine». «S'il y a des élections, M. Charest va nous trouver sur son chemin», a conclu Léo Bureau-Blouin.

Patrice L'Écuyer, Denis Bouchard et Gino Chouinard

Guy A. Lepage a débuté son émission avec trois gagnants du Gala Artis qui n'en sont pas à leurs premières statuettes.

C'est un 20e Prix Artis que Patrice L'Écuyer remportait dimanche dernier dans la catégorie «Émission de jeu» pour son animation dans «L'Union fait la force». Ce dernier est également à la barre des émissions «Des squelettes dans le placard» et «Prière de ne pas envoyer de fleurs». L'animateur semble avoir trouvé sa branche, mais pas avant d'avoir expérimenté le métier de comédien, qu'il a laissé de côté pour d'autres. «C'est dur être acteur», a-t-il avancé, racontant qu'à une certaine époque il passait des auditions très simples desquelles il revenait bredouille. «Il y a de grands grands acteurs au Québec qui ne travaillent pas en ce moment», a-t-il ajouté.

Ce n'est pas le cas pour Denis Bouchard , qui a remporté son septième trophée Artis pour son rôle dans «Toute la vérité». Ce dernier, après un extrait émouvant de la série, a avoué ne pas aimer regarder les épisodes dans lesquels il joue. Il n'avait d'ailleurs même pas vu l'épisode de l'extrait en question dans lequel Marc dévoile qu'il a été agressé étant plus jeune. «Mon fun c'est de les faire ces émissions-là, pas de les regarder», a-t-il expliqué. «Le souvenir que j'ai quand je le fais est toujours meilleur.»

Il s'agissait d'une cinquième statuette Artis pour Gino Chouinard , animateur à l'émission matinale «Salut, bonjour!». Nous en avons appris davantage sur les débuts de ce récipiendaire, qui a d'abord été annonceur maison dès 1989 à l'émission pour jeunes «Double Défi». C'est aussi lui qui annonçait Guy Mongrain à «Charivari» ainsi qu'Yves Corbeil à «Fais-moi un dessin». Chouinard a raconté que c'est lorsqu'il a vu la cafétéria de TVA qu'il a mis le doigt sur son rêve, aujourd'hui réalisé : «Je vais manger à la même table que les vedettes», s'était-il alors dit.

Lucian Bute

Parmi les invités se trouvait un sportif attablé à «Tout le monde en parle». À défaut de s'être présenté pour l'enregistrement de l'émission du 31 décembre dernier, le champion de boxe Lucian Bute s'est joint à la discussion en prévision de son match du 26 mai lors duquel il devra défendre son titre mondial contre l'Anglais Carl Froch. «C'est mon choix, c'est moi qui a décidé d'aller le battre chez lui à Nottingham», a expliqué Bute, conscient du défi qui l'attend au Capital FM Arena devant les 10 000 partisans de Froch. Bute, qui a reçu sa citoyenneté canadienne le 26 mars dernier, a défendu sa ceinture 10 fois et s'estime «confiant à 100%, prêt à affronter n'importe qui, n'importe où au monde».

Son absence à l'émission du 31 décembre était d'ailleurs due à un examen qu'il devait passer dans le but de devenir citoyen canadien. «Maintenant je suis comme vous», a-t-il annoncé à l'émission d'hier.

Durant son entrevue avec Guy A. et Danny, Lucian Bute s'est également prononcé sur d'anciens et de futurs adversaires tels Andre Ward, Jean Pascal, Glen Johnson et Adonis Stevenson , qui était à «Tout le monde en parle» en février dernier.

Daniel Vézina

Le chef cuisiner et propriétaire des restaurants Laurie Raphaël à Québec et à Montréal était parmi les invités compte tenu sa participation à plusieurs émissions culinaires ; Daniel Vézina est coanimateur et entraîneur à la téléréalité «Les chefs» et est notamment à la barre, avec son fils Raphaël, de l'émission «L'Effet Vézina : de père en chef» sur les ondes de Zeste.

On apprend que Vézina était un chef tyrannique au début de sa carrière. Cela ne semble plus être le cas lorsqu'on le voit auprès des aspirants chefs dans le cadre de la téléréalité, qu'il reconnaît comme étant réellement formatrice pour les participants et qui «met en valeur le métier de chef cuisinier». «Ce sont des guerriers», a-t-il déclaré en entrevue, soulignant l'importance de travailler en vitesse dans une cuisine de restaurant, pas seulement pour le spectacle.

En plus de parler du travail qu'il occupe avec son fils et de leurs différences au sujet des techniques de cuisine, Daniel Vézina en a profité pour dire quelques mots sur son quatrième livre de recettes. Selon lui, «L'atelier de Daniel Vézina» s'adresse à tous ceux qui «aiment cuisiner avant tout» et qui veulent apprendre des techniques que lui-même pratique encore aujourd'hui.

Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau

Le couple uni dans «Don Juan» comme dans la vraie vie s'est présenté à l'émission pour faire la promotion de son spectacle «La vie à deux», mettant en scène les morceaux de leur album du même nom. Sur celui-ci, les amoureux interprètent des compositions originales comme de célèbres reprises.

Non sans légers malentendus, ils ont parlé de leur relation amoureuse qui était loin d'être commencée lors de leur première rencontre sur les planches de la comédie musicale «Notre-Dame de Paris». Sur le plateau de «Tout le monde en parle», Jean-François Breau a fait ses imitations de Mario Pelchat et de Kevin Parent . Quant à Marie-Ève , elle a parlé de la téléréalité qu'elle anime, «L'amour est dans le pré», dans laquelle cinq agriculteurs célibataires tentent de trouver l'amour auprès de cinq prétendantes. Selon elle, l'émission a une «facture qui est vraie» et qui met en scène un véritable enjeu auprès des agriculteurs. Pour illustrer ses propos, elle a annoncé que deux couples de l'émission étaient toujours ensemble aujourd'hui.

Les deux chanteurs ont également laissé entendre qu'ils souhaitent et envisagent d'avoir des enfants.

Raymond Saint-Pierre et Louis-Gilles Francoeur

Les deux journalistes, un à Radio-Canada et l'autre au Devoir, étaient invités à «Tout le monde en parle» pour se prononcer autour d'un autre sujet chaud : le Plan Nord. Ces derniers se sont entendus pour dire qu'il y avait une quantité importante et concentrée de minerai dans les territoires du Nord et qu'il pouvait être profitable d'en faire l'exploitation, surtout en ce qui regarde la création d'emploi. Le chroniqueur en environnement Louis-Gilles Francoeur a cependant souligné que cette exploitation de terrains vierges est faite «de la même manière aujourd'hui qu'on le faisait dans les années 1950», faisant remarquer au passage que le Québec est le seul pays avec la Chine à contenir autant de terres rares.

Suite à l'annonce que 50% de ces terres allaient être protégées, les deux journalistes croient que cette proportion est suffisante, tout dépendant d'«où» elles le seront. Un problème survient toutefois : les promoteurs du Plan Nord ont déjà décidé de l'endroit des mines qui seront instaurées.

Raymond Saint-Pierre a également fait remarquer que les Autochtones, grandement impliqués dans la préservation du site, mais également dans l'embauche, «ont eu leur leçon et ont maintenant leur mot à dire» dans le Plan Nord, «beaucoup plus éveillés» par rapport aux années antérieures «dans le fait que ces terrains sont à eux».

Selon eux, la population québécoise, même si elle sent qu'elle a peu à dire sur le vaste territoire, doit s'intéresser au Plan Nord.