PARIS - Jean-Paul Guerlain, héritier des célèbres parfums, a été condamné jeudi à 6000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris pour des propos qu'il avait tenus sur les «nègres» lors d'un journal télévisé.

Lors du téléjournal de 13 h de France-2 le 15 octobre 2010, Jean-Paul Guerlain avait évoqué la création d'un parfum en confiant: «Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin...»

Pour la première phrase, il n'a pas été condamné. Mais pour la seconde, le tribunal a jugé que l'injure raciale était constituée et a condamné Jean-Paul Guerlain à 6000 euros d'amende.

Au moins 7500 euros d'amende avaient été requis contre le parfumeur, qui n'était pas présent à l'annonce de la décision jeudi.

Son avocat a dit à la presse qu'il devait consulter son client sur sa volonté ou non de faire appel.

«Je suis évidemment déçu par le jugement, mais il est quand même assez mesuré, donc je vais voir avec M. Guerlain s'il l'accepte ou non», a déclaré Me Basile Ader.

Le tribunal a aussi condamné Jean-Paul Guerlain à verser 4000 euros à chacune des trois associations qui étaient parties civiles dans ce procès: la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples et SOS Racisme.

«L'important, c'est qu'il y ait une condamnation», a estimé Patrick Klugman, l'avocat de SOS Racisme. «Ça ne va pas ruiner M. Guerlain, loin s'en faut, mais ce n'est pas ce qu'on demande», a-t-il précisé.

Le parfumeur risquait jusqu'à six mois de prison et 22 500 euros d'amende. Lors de son procès, au début du mois de février, il avait présenté ses excuses, reconnaissant avoir fait preuve d'«imbécillité».

Mais à la fin du mois de février, des employés antillais d'Eurostar ont porté plainte contre lui pour des injures racistes qu'il aurait tenues à la gare du Nord de Paris. D'après la plainte, le septuagénaire en fauteuil roulant aurait insulté trois employés antillais qui tentaient de l'aider sur le quai le 24 février. Une enquête a été ouverte.

Dès le mois d'octobre 2010, après l'entrevue controversée, la direction de Guerlain s'était désolidarisée du parfumeur, mettant fin aux fonctions de consultant qu'il avait continué d'exercer après sa retraite.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel avait par ailleurs envoyé une mise en demeure à France-2 pour n'avoir pas su maîtriser son antenne.